
Ainsi que nous le signalions
dans notre édition numéro
86 du 6/03/ dernier (« disparue
» corps et biens au
Gabon), les principaux
acteurs du feuilleton 3A
Télésud sont désormais
invités à aller se produire devant les magistrats
du tribunal de Commerce de Paris.
La faute à
Sylvie de Boisfleury et Yves Bollanga, deux
associés « historiques » de la chaîne, qui n’ont
rien trouvé de mieux que d’assigner en justice
le désormais célèbre Eric Amar Benquet, un
métis franco-gabonais, devenu, en 2006, l’associé
majoritaire de 3A. Présenté par ses
contempteurs comme un lampiste au service
de Blaise Louembé, l’impayable Trésorier
prodigue (pardon, payeur)
général du Gabon, l’ami
Benquet avait fait procéder, en
novembre 2007, à une augmentation
du capital de WIAM
(Wireless and Internet
AfroMedia, la société propriétaire
du média télévisuel). Une
opération qualifiée d’irrégulière
par les autres associés. D’où la
requête en annulation d’augmentation
de capital servie par
ces derniers.
Concomitamment aux poursuites judiciaires,
Bollanga et Boisfleury poursuivaient
aussi Benquet de leur acharnement en exigeant
de celui-ci qu’il justifie l’origine licite
des fonds qui lui ont permis d’acquérir la
majorité des parts dans la société. Quelle mesquinerie
!
Tout cela parce que entre 2006 et
2007, le compte personnel de Benquet à la
BGFIBANK de Libreville avait accueilli
d’importants virements en provenance du
Trésor public de Blaise Louembé. Si on ne
peut même plus avoir des amis généreux et
bien placés... Qualifié d’« ancien colleur d’affiches
» par le quotidien abidjanais L’Inter –
qui a consacré deux pleines pages à l’affaire
3A, dans son édition du 14/03 –, Benquet doit
à présent apprendre à gérer sa nouvelle célébrité.
De Paris à Libreville en passant par
Abidjan, il est devenu une star médiatique.
Pour autant, cela n’explique certainement pas
l’empressement des juges français à l’entendre.
Certes, dans leur requête, les associés de
Benquet ont sollicité « une assignation à bref
délai », mais la rapidité avec laquelle cette
affaire a été enrôlée a de quoi surprendre.
D’autant que généralement, dans ce type de
procédure, les délais sont assez élastiques.
Ainsi, dans une ordonnance rendue le 27/03,
le président du tribunal convoquait,
pour le 8/04, à la fois la
société WIAM et Eric Benquet –
à titre individuel. Avec cette
petite précision : « il y a urgence
».
Un peu comme si les
magistrats avaient flairé un filon
qui pourrait les conduire à
quelque chose de plus croustillant.
Dans tous les cas, le
shopping judiciaire de l’homme
d’affaire franco-gabonais ne
semble pas près de s’arrêter.
En effet, de source
proche du palais de justice, on signale que
trois autres assignations attendent le gaillard.
Sans parler des suites pénales que pourraient
induire le dossier 3A Télésud. Pendant ce
temps, le gérant de la société, Jean-Philippe
Kaboré (fils d’Henriette Diabaté) joue les
prolongations à Abidjan où il essaierait, en
vain, le pauvre, de décrocher un méga contrat
publicitaire.
Au milieu de tout ce tumulte, ce
serait un véritable exploit !
JUSTINE OKIMI
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Dans ce numéro :
• DOSSIER :
LES AMBASSADES
AFRICAINES À PANAME
• CONGO-BRAZZA
POUR TOUS CEUX-CI
SASSOU PAYERA !
• FRANCE
LE CLANDO MORT
COMME REPOUSSOIR
• CHAKA HAMA ZULU
EN RDC, 90% DES
EXPORTATIONS SONT
ILLÉGALES
• CAMEROUN
BIYA NE DORT QUE
D’UN OEIL !
• FRANÇAFRIQUE
BOLLORÉ FAIT L’INTELLIGENT
DANS JEUNE AFRIQUE (SIC)
• HÉROÏNE
AMINATA TRAORÉ PRÉSIDENTE DE L’AFRIQUE !
